L'un vers l'autre ⊱ Shang ❤

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Anna Løvenskiold
♛ Royal Mess

Anna
PHOTO D'IDENTITE :




I wanna stuff some chocolate in my face !

Annanas:
 

DESSIN ANIME D'ORIGINE : Frozen, La Reine des Neiges.
ÂGE DU PERSONNAGE : 21 ans.
COTE COEUR : Fiancée à Shang.
OCCUPATION : Animatrice pour enfant en plus d'enchaîner les petits boulots.
LOCALISATION : New York.
HUMEUR : Épuisée.
DOUBLES COMPTES : Oliver Foxworth, Aiko "Honey" Miyazaki
PERSONNALITÉ & CRÉDITS : Zoe Sugg, par Ilyria. Code signature de Astra, icons de solsken et VOCIVUS.
MON ARRIVÉE : 05/12/2013
MON VOYAGE : 1008
POINTS : 471
MessageSujet: L'un vers l'autre ⊱ Shang ❤ Dim 29 Juil 2018 - 23:19
L'un vers l'autre
Shang & Anna
Ils marchaient sans savoir, l'un vers l'autre comme la chance, quand elle cherche le hasard, deux enfants, mis au monde, l'un par l'autre pour jouer, les héros, d'une histoire

Mai 2018

Une ombre effleura son bras, mais lorsque ses paupières s'entrouvrirent, seuls les rayons du soleil matinal caressaient son lit vide. Anna lutta brièvement contre cette attaque. Son visage enfoncé dans son oreiller, elle se replongea un instant dans un semblant de somnolence, son lit ne lui paraissait jamais aussi confortable que dans ces moments-là où, sourde à l'appel du jour, elle se laissait flotter au bord de l'éveil. La jeune femme aurait pu divaguer ainsi pendant des heures, l'esprit assez loin pour rêver, mais suffisamment proche pour être encore conscient de son environnement. Petit à petit, son sommeil s'émietta et bientôt, ce fut un oeil tout à fait réveillé qu'elle ouvrit. Ses sens avaient repris leurs droits et une odeur lui chatouillait les narines. Ça sentait bon. Elle se redressa. Trop vite. Prise d'un vertige, elle grimaça. Aouch. Une de ses mains se perdit dans les noeuds de sa tignasse tandis que l'autre essuyait le discret filet de bave au coin de ses lèvres. Instinctivement, elle posa ses prunelles sur l'oreiller inoccupé à ses côtés. La place était froide. Autrefois, cette vision était synonyme de mal-être et solitude. Aujourd'hui, elle ne voulait dire qu'une chose : quelqu'un l'attendait. Son coeur bondit et dans un saut, son corps lui répondit. Anna se leva, fouilla dans l'un des tiroirs de sa commode pour en sortir une brosse et passer un coup rapide dans la crinière qui lui servait de chevelure. Nouveau réflexe matinal. La jeune femme ne sortait plus de sa chambre avant de s'être débarrassé de sa tête de lion. Les habitudes se prenaient vite et Anna avait envie d'être jolie. Pour lui.

Le pas léger dans sa chemise de nuit, Anna sautilla jusqu'à la pièce à vivre. Shang était là, occupé à la cuisine. Immédiatement, ses lèvres s'étirèrent dans un sourire. Avec sa discrétion légendaire, elle se glissa derrière lui. « Coucou. » Dit-elle dans un rire. « Tu aurais dû me réveiller, je serai venu t'aider à préparer le petit-déjeuner. » Ses bras enroulés autour de sa taille, elle se serra contre lui, sa joue collée contre son dos. Si dans la vie elle manquait de tout, il ne lui manquait rien à ses côtés. Quand Shang était là, il n'y avait plus rien d'autre. Juste lui. Eux. « Je ne sais pas ce que je préfère voir en me réveillant, toi ou la nourriture. » Qu'elle gloussa en l'enfermant un peu plus dans son étreinte. Anna le voulait tout contre elle, l'étouffait dans cette prison d'amour, par besoin, mais surtout par peur. Comme si la vie pouvait lui reprendre ce cadeau du destin aussi aisément qu'elle le lui avait offert. Le bonheur, il en faut peu pour qu'on y prenne goût et Anna s'y était habituée trop vite. Elle s'enivrait à chaque seconde de ces instants sucrés comme si s'agissaient des derniers qu'elle vivait. Car sa vie était devenue trop belle pour être vrai. Ou presque. Seulement, malade d'amour, tous ses malheurs semblaient disparaître en compagnie de Shang. Comme si ces deux dernières années n'avaient été qu'un mauvais rêve dont elle se réveillait enfin. Deux années interminables à pleurer ce qu'elle ne retrouverait peut-être jamais. Anna avait fait son deuil. Dans les bras de Shang, elle avait envie d'oublier le passé pour regarder vers l'avenir. Doucement, elle le libéra de son câlin, déposa un baiser sur ses lèvres. « Non, en fait c'est toi que je préfère. » Sourire. Encore. Elle ne s'arrêtait jamais en sa présence.

Alors, ce fut souriante qu'elle s'attabla. Ces petits déjeuner là aussi, Anna s'y était vite habituée. Chaque matin, elle découvrait la table mise, chaque matin elle s'extasiait sur les talents culinaires de Shang et chaque matin, les yeux soupirants d'amour, elle peinait à réaliser sa chance. « Tu as bien dormi ? Je n'ai pas trop gigoté cette nuit, j'espère ? » Elle se connaissait, Anna, elle voyait bien l'état de son lit défait au petit matin. À croire qu'elle vivait ses rêves grandeur nature. Enfant, déjà, on la retrouvait parfois les pieds à la place de la tête. Sauf que depuis que Shang partageait sa vie, elle craignait que les véritables matchs de boxe auquel elle se livrait seule dans le creux de ses nuits ne l'empêchent de dormir. Peut-être était-ce pour cela qu'elle était aussi affamée à peine sortie du lit. À moins que ça ne fut la nourriture qu'on lui mettait sous le nez qui lui fit cet effet. Ou son estomac qui, enfin, se réveillait après des mois d'hibernation. « Hm, je vais finir par épouser tes baozis. » Annonça-t-elle après avoir pris une bouchée. « C'est tellement bon ! Si tu continues à me nourrir comme ça, je vais finir par ne plus passer dans l'escalier. » Anna bavardait, radiante de bonne humeur, son visage paré de toutes les gaietés printanières d'un mois de mai. On ne l'arrêtait plus. « Je te promets qu'un jour ça sera moi qui sera debout avant toi pour préparer un petit déjeuner... Mangeable. » Elle pouffa malgré elle, manquant par la même occasion de s'étouffer sur son verre de jus d'ananas, le souvenir de sa dernière catastrophe culinaire encore frais dans son esprit.

Des pancakes, c’était tout ce qu’elle avait voulu faire. Mais pour une raison qui lui échappait encore, elle avait simplement réussi à casser sa poêle. Le pancake avait sauté, la poêle avec, tandis que la poignée lui était restée dans les mains. Cette promesse était dangereuse, pourtant, Anna comptait bien la tenir. Bientôt. … Un jour. « Tu verras, je t’apporterai ça au lit au moment où tu t’y attendras le moins. » Espiègle, elle voulut tendre la jambe pour toucher celle de Shang. Un geste qu’elle avait vu dans un film. C’était sans compter sur la taille de leur petite table bancale. Et du manque de contrôle qu’elle possédait sur son propre corps. BOUM. Son genou se heurta au plafond de la table, faisant tinter les assiettes. « Oups ! Pardon ! » Bravo Anna. Les yeux écarquillés, Anna s’immobilisa complètement, jusqu’à ce que son verre sur la table cesse de danser. La vérité, c’était qu’elle maudissait sa maladresse et ses manières de sauvage.

******

Mars 2018
Deux mois plus tôt



Un petit nuage de bouée s'évapora dans la pièce. Immobile, elle contempla le spectacle sans fin de sa respiration. Les couvertures s'accumulaient sur son corps frissonnant, en vain. Ils étaient difficiles, les matins, ils l'avaient toujours été, mais leur pénibilité avait lentement pris une dimension nouvelle, plus douloureuse. Un jour, Anna le savait, elle ne se réveillerait pas. Ces draps-là seraient son linceul. Enfermée dans cet appartement silencieux avec ses pensées pour seule compagnie, Anna se laissait trop souvent aller ce genre d'idée. Ça ne lui ressemblait pas. Seulement, même les esprits les plus optimistes se fanent sous les coups de la réalité. Anna n'avait pas été épargnée. Dans cette petite chambre, partout où son regard se posait, tout n'était alors que solitude. Les journées y étaient trop longues, elles revenaient trop vite. Ce fut la perspective de quitter son appartement qui lui donna la force de se lever. Dans une routine mécanique, elle se prépara, la télévision tournant dans le vide afin de lui donner l'impression d'une présence. Ses mains s'activèrent à relever ses cheveux dans un chignon décontracté tandis que son oeil se perdait sur son reflet. Les pointes de ses doigts rougies par le froid contrastaient avec la blancheur de ses cheveux. Anna avait bien essayé de cacher les dégâts de sa maladie avec une coloration, mais rien n'avait pris sur ses mèches gelées. Le miroir lui renvoyait toujours l'image terne de sa santé décadente. Soupirant, elle jeta un coup d'oeil à son téléphone. 8h55.

S'évader de chez elle, c'était s'évader de ses problèmes. Ces journées prenaient des allures de course, Anna y veillait. Toujours bouger, ne jamais s'arrêter, c'était avoir moins de temps pour penser. Alors, en plus de ces deux travails à mi-temps, elle enchaînait les actes bénévoles. Aider son prochain était bien la seule chose capable de lui réchauffer le coeur. Mourante ou non, elle n'était pas la plus à plaindre. À travers les autres, elle pouvait se sentir revivre.

Ce fut pourtant l'inverse qui se produisit lorsqu'elle franchit pour la première fois les portes de la salle commune de l'hôpital psychiatrique. Anna avait beau être une habituée des couloirs stériles, elle n'avait jamais mis les lieux dans ce genre d'endroit. La maladie semblait y prendre une forme plus vicieuse encore, presque inaccessible aux confins de l'esprit. C'était nouveau... Différent. Calmes toi, tu dois seulement faire la conversation, parler, tu sais faire. Nerveuse, Anna se mordit les lèvres. On l'avait prévenu de l'état du patient qu'elle était censée aider ; un jeune homme à tendance suicidaire souffrant de psychose. Cette souffrance-là lui était étrangère. Y avait-il une attitude à adopter ? Des mots à éviter ? Tu n'es pas là pour le soigner, juste pour lui parler. Elle souffla. Oui, elle n'avait qu'à parler et sourire. Un sourire fait toujours plaisir, n'est-ce pas ? Alors, c'est en souriant qu'elle arriva à la table où le patient venait de s'installer. Shang, qu'il s'appelait. ... Oh. Il était mignon. Attends, quoi ? Pourquoi fallait-il toujours que ce genre d'idée lui traverse l'esprit au moment le moins opportun ?

Chassant ces pensées parasites elle prit place à son tour. « Bonjour ! » Grand sourire, encore. Cet enthousiasme pétillant, on l'aimait ou on le détestait : souvent, un juste-milieu n'existait pas. Il n'y avait qu'en présence d'autrui qu'elle parvenait à retrouver sa joie de vivre. À défaut de pouvoir conserver sa bonne humeur sur le long terme, Anna entendait la répandre autour d'elle. D'autres en avait plus besoin. « Je m'appelle Anna, je suis votre nouvelle... » Correspondante ? Professeur ? Bénévole ? Qu'est-ce qu'elle était au juste ? « ... Partenaire de conversation... Conversationiste... Non... » Non, non, non, qu'est-ce que je dis ? N'importe quoi ! Trop tard. La bouche sèche, elle se mit à fouiller dans son sac afin de mieux cacher les rougeurs qui commençaient à velouter son visage embrassé. « J'ai... J'ai des fiches... Quelque part... » C'était vaste. Son sac débordait. Barres chocolatées et serviettes hygiéniques côtoyaient ouvertement ses papiers d'identité et quelques malheureux objets qui avaient eu la malchance de se perdre dans cet enfer. Anna déposa négligemment un tube de glu ainsi que deux sachets sur la table. Le premier débordait de paillette rose, le second, de googly eyes. Des restes de sa dernière activité avec les cinq-six ans. Enfin, elle mit la main sur les fameuses fiches. Elles étaient là, entre deux tickets de caisse, des feuilles agrafées toutes ensemble sur lesquelles elle avait imprimé des sujets de conversation trouvées en ligne. C'est qu'Anna s'était préparée, elle avait fait ses recherches. « La famille... Internet... La politique... Hm... » Elle se mordit les lèvres, ses traits légèrement durcis par la confusion. Les questions défilaient sans qu'aucune ne retienne son attention. Trop intrusives. Trop compliqué. Trop polémique. Qui a écrit ces questions ? Cinq minutes. C'était le temps qu'il lui avait fallu pour perdre le contrôle de la situation. Sentant que l'homme en face d'elle continuait de l'observer en train de se noyer dans son embarras, son coeur s'affola, et dans sa panique, elle échappa son petit tas de fiches. « Oups. Désolé, vraiment désolé ! » Maladroite, elle s'empressa de ramasser son bazar pour le faire disparaître négligemment dans son sac. « Je vais laisser tomber ça je crois...» Au sens figuré, cette fois. C'est pas comme si tu avais besoin d'aide pour dire n'importe quoi... Et inconsciemment, elle donna raison à la petite voix de son esprit en sortant un enthousiaste : « Parlez-moi de vous, vous allez bien ? » Le ton était innocent, l'intention, aussi attentionnée que naïve. Anna n'avait pas réfléchi, ses lèvres avaient remué avant que sa raison ne puisse arrêter l'inévitable. Elle avait toujours quelques secondes de retard sur ses actions. Déjà, elle la rattrapait. Oh non. Son regard s'agita dans la pièce, n'osant plus se poser sur Shang, tandis que ses dents repartaient à l'attaque de ses lèvres. Évidemment qu'il n'allait pas bien. À quoi pensait-elle ? À rien. C'était bien ça le problème, elle ne pensait pas avant de parler. Elle se serait donné des baffes pour se punir de sa bêtise. Idiote. «... Excusez-moi, je crois que je suis un peu stressée, c'est la première fois que je fais ça. Je comprendrais si vous vouliez que je parte. » Ses iris tombèrent sur la table... Et sur les bêtises qui y traînaient encore. Rapidement, elle glissa le tout dans son sac. Non, vraiment, on avait déjà connu un meilleur départ.


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Mon rêve familier
Anna ❄ Ce n'est rien, non ce n’est rien, qu’un peu de sang qui pleure, dernier chagrin de pluie aux couleurs de la mort qui siffle en rafales au dehors ; Dernier chagrin de pluie, dernier élan de vie, d’un coeur qui n’a servi à personne
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