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Bling Bling ~ Thäleia
Le courage ne se mesure pas à la taille!
Mallymkun DeLoir
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Fantastic Animals
PHOTO D'IDENTITE : Bling Bling ~ Thäleia Tumblr_m6diqsWjcx1qko769o1_r2_500
DESSIN ANIME D'ORIGINE : Alice au pays des merveilles
ÂGE DU PERSONNAGE : 30 ans chez les humains
COTE COEUR : c'est compliqué
OCCUPATION : Prendre le thé!
LOCALISATION : Quelque part à Paris
HUMEUR : ZzZ
PRESENCE/ABSENCE : Jamais très loin 8D
DOUBLES COMPTES : Tim, Dada, Doune, Ian et Kevin
PERSONNALITÉ & CRÉDITS : Amanda Seyfried, Vava d'Anna :D
MON ARRIVÉE : 09/07/2013
MON VOYAGE : 1003
POINTS : 1087
Lun 17 Juin 2019 - 21:51



Bling Bling

hey bitch, rends moi ça!!




C’était une belle journée. Pas seulement pour la météo, car pour une fois, le ciel londonien ne se déversait pas sur nos tête. C’était une grande joie, ça ajoutait à ce jour de congé plutôt agréable jusqu’à maintenant. Le programme avait été simple, après avoir emmené Oliver à son école, j’étais allé retrouver mon amant pour une petite sortie à l’aquarium, suivie d’un peu de « sport ». Au moins, je ne me cassais pas la tête avec lui, on faisait des activités sympas où on pouvait parler de tout et de rien et ça se terminait toujours par un peu l’action sauvage. Je me sentais toujours détendue en le quittant, ça m’aidait à oublier mes tracas et mes frustrations. C’était une thérapie comme une autre… au moins, je ne risquais pas de me faire plaquer ou de me faire des idées : Il n’y avait que du sexe entre nous, point. Enfin, je crois? Parce que s’il n’y avait vraiment que ça, nous ne ferions pas de sorties juste avant de nous envoyer en l’air? Peut-être qu’un jour, Moonbin quitterait son copain pour moi?

J’avais ensuite pu savourer un bon thé sur une terrasse. Il n’y avait rien de mieux dans la vie qu’un bon thé après un si bel avant-midi! J’aurai pu retourner chez moi et revenir plus tard chercher Oliver, mais j’avais décidé de passer l’après-midi dans un parc. J’aimais bien me retrouver en extérieur lorsqu’il faisait beau et puis les espaces verts faisaient oublier la mocheté des villes. Il y avait parfois des trucs bien, mais en général, je n’aimais pas voir ces grands bâtiments gris. Ils semblaient triste… même si on dit que les trucs inanimés n’ont pas de sentiments, je trouvais plus intéressant de leur donner vie avec des émotions et des pensées. C’était un petit jeu qui m’amusait lorsque je ne savais pas à quoi songer en particulier, ça avait le mérite de m’occuper l’esprit et de l’empêcher de partir dans tous les sens. Et surtout, pendant ce temps là, je n’avais pas de crises de paranoïa.

Après un moment à me promener, je décidai de m’assoir un peu sur un banc pour lire. Ça faisait un peu bizarre de prendre du temps juste pour moi et de me détendre. Un léger inconfort au poignet attira mon attention. Oh, rien de grave, ce n’était que mon bracelet qui avait frotté un peu trop contre ma peau plus tôt, pendant les ébats. C’était seulement rosé, mais je décidai de l’enlever afin que tout rentre dans l’ordre. Je le glissai dans une des pochette de mon sac à main de façon un peu distraite, pensant à Moonbin…

Il n’était pas encore l’heure d’aller chercher le rouquin, mais je me dis qu’un autre thé me ferait du bien. Je me levai donc, m’éloignant du banc. J’étais presque à la sortie du parc lorsque je réalisais que j’aurais du sentir une petite bosse au travers de la pochette de mon sac… Je m’arrêtai brusquement pour le fouiller en  entier : Aucune trace de mon bracelet! Comme il n’y avait pas de trous dans mon sac et que la fermeture éclaire était fermée, l’idée la plus probable était que je l’avais glissé à côté de la poche, le faisant tomber à côté plutôt qu’à l’intérieur. Foutue distraction! Il devait donc se trouver sur le banc ou je m’étais assise… ou peut-être était-il passé entre lattes pour tomber en dessous?

Je rebroussai chemin afin d’aller chercher mon bijou. Ça me rendrait triste de le perdre, j’y étais attaché. En vu du fameux banc, je remarquai une jeune femme. Je m’empressai de la questionner :

-Excuse-moi! Tu n’aurais pas vu un bracelet en argent? J’ai du le faire tomber ici.

Je lui fis un sourire sympathique, mais je ne pouvais m’empêcher de penser que quelque chose n’allait pas…




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⊹ Maudite enfant gâtée de la lune
Thäleia Mïotysea
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Anna
PHOTO D'IDENTITE : Bling Bling ~ Thäleia Cb58217e5f8f9b2f2e7153a55ceb786e
DESSIN ANIME D'ORIGINE : Peter Pan.
ÂGE DU PERSONNAGE : Une petite éternité. 17 ans en apparence.
COTE COEUR : Des rêves engourdis.
LOCALISATION : Dans le ventre de Londres.
HUMEUR : Lunatique.
COULEUR PAROLE : #9a97c8
DOUBLES COMPTES : Aiko "Honey" Miyazaki et Oliver Foxworth.
PERSONNALITÉ & CRÉDITS : Lindsay Hansen, avatar de moi-même. Icon de old money. sur Bazzart
MON ARRIVÉE : 28/04/2019
MON VOYAGE : 138
POINTS : 262
Jeu 20 Juin 2019 - 22:01
Bling Bling
La mer. La sirène se souvient de la mer, des vagues et de l'écume. Leurs mouvements sans fin. Une tempête, comparée à la platitude du lac sans vie qui gît sous ses pieds. Son regard y plonge avec insistance, tenté par les flots silencieux. Thäleia aimerait enjamber la rambarde du pont, se pencher toujours plus sur les profondeurs obscures jusqu'à s'y abandonner complètement. Ça lui plaît, de se représenter dérivant sur l'onde, ses paupières closes, son visage pale tout auréolée par la chaleur de ses mèches rousses. Peut-être aura-t-elle droit à quelques heures de repos, avant que la nature ne reprenne ses droits sur son corps, avant que la mort ne dévore sa beauté figée à jamais.

Thäleia s'écarte, tirée en arrière par un sentiment plus puissant encore que les promesses de jeunesse éternelle et de sérénité que lui offre les fabulations de son imagination malade. La peur de l'après. Cette même peur qui l'empêche de fuir à toutes jambes pour se jeter dans la vraie vie. C'est parce que ce malaise plane sans cesse sur ses pensées que Thäleia reste sage.

Pour le moment, du moins.

Moonbin envolé, Noah occupé, Thäleia avait su négocier tout un après-midi au parc pour elle. La jeune femme foule les sentiers de ce faux coin de verdure jusqu’à un banc, oubliée parmi la masse. Sage Thäleia, gentille Thäleia. Il n’y a rien dans son sac, si ce n’est un livre. Cependant, l’adolescente n’a pas le cœur à la lecture, pas quand le paysage autour d’elle lui permet de nourrir toute sorte de réflexion. Ici, contrairement à dans la chambre, la naïade peut s’autoriser des folies et oser se projeter vers de nouveaux horizons.

Alors, Thäleia songe. À tout, à rien. Ses prunelles s'accrochent aux passants : elles espèrent naïvement reconnaître une mine familière sur l'une de ces figures passagères. Quelqu'un de chez elle. Quelqu'un qui se soucierait de son sort. Personne. Il n'y a jamais personne, Thäleia le sait. C'est avec une étrange facilitée qu'elle s'est accoutumée à cette fatalité. On s'habitue à tout, même à la solitude. Même à l'absence des êtres aimés.

Au coin de son oeil, un reflet happe son attention. Une étincelle entre les lattes.  

Aussitôt, la sirène s'en saisit, trop heureuse de sa découverte. Un bracelet. Thäleia le fait couler entre ses doigts pour mieux faire danser les éclats argentés sous le soleil. C'est joli. Ça scintille jusqu'à dans ses yeux bleus. Il y a longtemps que Thäleia n'a pas vu quelque chose d'aussi beau sur sa peau. Ça lui rappelle des bijoux nacrés d'une autre vie. Et telle une enfant, Thäleia s'extasie devant cette trouvaille, contemple tout sourire son poignet sublimé. Son allégresse est superficielle, d'ordre purement matériel : il n'en reste pas moins réel. Ça ne devrait pas être permis, de s'enticher autant d'un bibelot brillant aussi insignifiant. Et pourtant. L'idée d'avoir ce bracelet tout à elle suffit à l'élever vers une gaieté hors norme. Cette nouvelle possession lui donne l'impression de combler un peu le trou béant de son existence. Comme si elle pouvait donner un sens à cette vie en s'entourant de tout ce qu'elle n'a pas.

Euphorie éphémère. À peine a-t-elle rangé le bijou dans son sac et reprit ses rêveries qu’une voix vient lui arracher son précieux bonheur. Une femme blonde lui fait de l’ombre sur sa figure et son cœur. « Un bracelet ? » Qu’elle répète entre deux battements de cils surpris. Incompréhension. Son visage la feint à merveille, à mi-chemin entre confusions et questions. Sous cette première couche d’amabilité, amertume cuisante lorsque la sirène réalise à qui elle a affaire. La véritable propriétaire du bracelet, venu lui prendre son trésor. La jalousie qui la saisit est tout aussi disproportionnée que la joie éprouvée il y a quelques instants.

Elle pourrait lui rendre. Rien ne l’empêche de glisser sa main jusqu’au fruit de son larcin pour rétablir la vérité et répandre un peu de bonne humeur. Seulement, Thäleia n’a rien de telle en elle, encore moins à partager. Le peu de lumière qu’elle a découvert aujourd’hui dans ce bijou, la sirène compte bien la garder farouchement pour sa personne.

Parce que c'est trop tard. Le venin de l'envie s'est d'ores et déjà distillé dans ce cœur qu'une convoitise juvénile embrase. « Non, enfin, je ne crois pas, attendez. » Actrice innée, la sirène se lève, contourne le banc de sa démarche aérienne. Elle cherche de l'air entre les graviers. « Non, je ne vois rien, je suis désolée. » Évidemment. Le sujet des convoitises est là, tout au fond de son sac en toile. C'est presque si Thäleia ne le sent pas brûler contre sa hanche, chauffée à blanc par les mensonges dont il est l'objet. Des mensonges qu'elle file avec grand soin. « Vous êtes bien certaines qu'il s'agit de ce banc ? » Ajoute-t-elle en jetant un bref regard sur les bancs voisins. La compassion pointe dans cette voix sucrée qui pourtant ne s'évertue qu'à insuffler le doute pernicieux chez l'autre. Oui, qu'elle hésite, l'inconnue négligente, qu'elle aille voir ailleurs si son bracelet n'y est pas. Thäleia ne l'attendra pas. Déjà, elle remet les lanières de son sac en place et lisse sa robe, une courbe chagrinée sur les lèvres. « Je vous aurai bien aidé à le chercher, mais on m'attend à l'entrée du parc. Il faut que je parte. Vraiment désolé, encore. » Elle se compose un dernier sourire coloré de compassion avant de claquer des talons.

À peine s'est-elle retournée que l'expression aimable de ses traits fond, plus vite que neige au soleil. La voilà partie, nullement atteinte par la nature moralement douteuse de son acte. Aucun remord ne vient alourdir ses pas. Dans cette vie ou dans une autre, personne ne lui a inculqué qu'il est mal de voler. Qui perd pleure, qui trouve garde. C'était ça, la dure règle de Neverland. Un semblant de loi pour encadrer le chaos d'une jeunesse en roue libre. Et Thäleia, elle en faisait partie, de ces enfants-là, étranger à l'éthique assommante du monde adulte.

(c) AMIANTE & VOCIVUS


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L'éternité
Dreams are sweet until they’re not. Men are kind until they aren’t. Flowers bloom until they rot and fall apart. Is anybody listening? I open my mouth and nothing comes out.
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MON VOYAGE : 1003
POINTS : 1087
Jeu 18 Juil 2019 - 18:38



Bling Bling

hey bitch, rends moi ça!!




C’était une jolie fille, surement le genre populaire à avoir tous les garçons à ses pieds. Si ça se trouvait, elle avait tout ce dont elle rêvait, comme presque toute cette génération d’adolescents pourris gâtés. Ou peut-être que non et je ne me basais que sur des stéréotypes. C’était toujours difficile de savoir à qui on avait à faire lors d’une première rencontre. Ami? Ennemi? Ou pire… neutre. Le problème avec les gens neutres, c’est qu’on ne savait jamais de quel côté ils allaient pencher. C’était en quelque sorte des indécis, qui finiraient à un moment ou un autre par prendre un camp. Ce n’était pas dans la nature humaine de ne pas prendre partie… quand quelqu’un ne le faisait pas, c’était un peu de la lâcheté dans le fond…

Je m’égarais en essayant d’analyser la rousse devant moi. Si je n’étais pas de nature paranoïaque, elle m’aurait sans doute convaincu en quelques paroles, mais mon instinct hurlait de ne pas lui faire confiance. Pourtant, ce ne devait pas être une chasseuse? Elle semblait bien trop jeune et délicate pour cela! Sans être associée à l’ennemi numéro un des Disney, elle pouvait avoir quelque chose à cacher. Ou j’étais simplement folle… oh en effet, je l’étais bien! Sauf que ce n’était pas le point important dans cette histoire. Au départ, j’eus de la difficulté à savoir ce qui clochait autant à mes yeux, puis je compris : Elle en faisait trop. C’est comme ajouter une tonne de sucre à un thé trop amer, même une fois l’amertume camouflé, le gout n’était pas fameux, il devenait  écœurant une fois trop sucré.

Je pris un instant de réflexion afin de me remettre en question, je n’étais pas non plus à l’abris d’une méprise. M’étais-je trompé de banc? Non, j’en étais bien certaine, c’était celui-là. Je revérifiai rapidement mon sac à main, pour être certaine que dans ma panique initiale, je n’avais pas fait une erreur. Non, il n’était pas dedans. J’avais refait le chemin en sens inverse, ce qui ne restait que ce banc.

-Je suis certaine que c’est ici.

Je vérifiai par moi-même le banc alors qu’elle s’en allait. Son excuse sonnait faux. Elle essayait de fuir?! J’avais essayé de ne pas me laisser aller à mes instincts accusateurs, mais son comportement me déplaisait de plus en plus. Je savais que ce n’était pas bien d’accuser sans preuves, mais à moins de retrouver mon bracelet, jamais je ne trouverais de preuves! J’avais été absente assez longtemps pour qu’elle ait le temps de trouver et cacher mon bien, mais il n’y avait pas eu assez de temps pour que quelqu’un d’autre puisse passer avant elle sans qu’elle ne le voit.

-Attends un peu! Qu’est-ce qui me dit que ce n’est pas toi qui l’as? Tu es la seule qui aurait eu le temps de le trouver. Un bracelet, ça ne disparait pas comme ça.

Je la rattrapai, me plantant devant elle afin de l’empêcher de fuir. Hors de question qu’elle s’en aille comme si rien n’était! Je n’allais pas me laisser voler sans sourciller! Comme elle était jeune, je décidai de lui laisser une dernière chance, une erreur de jugeote, ça pouvait arriver à tout le monde, il n’était pas trop tard pour réparer son erreur.

-Si tu as mon bracelet et que tu me le rends immédiatement, je te laisse partir sans faire d’histoire. Il faut savoir avouer ses tords, jeune fille.

Faire preuve de tant de retenue et de concession était bien difficile, mais si pour une fois je pouvais régler un problème sans violence, ça serait bien… j’imagine. J’avais fait de mon mieux afin de ne pas l’accuser directement afin de rendre cette situation propice à la discussion. Que faire de plus? J’avais résisté à mon envie de lui ordonner d’ouvrir son sac afin de me prouver son innocence… de toute façon ça n’aurait servi à rien, elle aurait joué à l’offensée en refusant. Là je lui laissais une dernière chance de prouver qu’elle n’était pas la garce que je commençais à croire qu’elle était. Et puis si jamais elle était innocente, ce à quoi je ne croyais plus, elle me montrerait d’elle-même son sac pour que je lui foute la paix.




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MON ARRIVÉE : 28/04/2019
MON VOYAGE : 138
POINTS : 262
Sam 17 Aoû 2019 - 17:34
Bling Bling
Thäleia marche, de la démarche légère des innocents. Faux. La voleuse fuit, la voleuse commet une folie. Elle ne sait pas où ses pas l'emmènent. Qu'importe. Tant qu'ils l'amènent loin. Son sac farouchement calé sous son bras, la sirène emporte son trésor, bien décidé à le mettre en sécurité, là où elle en sera la seule maîtresse. C'est sans compter sur la propriétaire d'origine. Déjà, les conséquences de son acte la rattrapent. Une course dans son dos, une voix qui l'accuse. Et la blonde est de retour, stoppant net Thäleia dans sa fuite. Celle-ci la dévisage, avec ses grands yeux de biche aux fausses lueurs ingénues. S'en tirer aussi facilement, voilà qui aurait été trop beau.

Pour s'en sortir, elle se compose un mensonge à la manière d'une musique. Pas à pas. Soigneusement. Le tout saupoudré d'une pointe de créativité. « Moi ? » Sa voix s'envole dans les notes aiguës de la surprise, accompagné par l'expression confuse de son visage, partition indispensable à sa mélodie dissonante. « Si je l'avais, je vous l'aurais rendu. » Et elle essaie de se jouer de la blonde comme elle jouerai de la flûte. Ou du pipeau. Non, voyons, ça ne peut pas être elle, comment aurait-elle pu ? « Je n'ai rien à me reprocher. » Conclut-elle enfin. Thäleia croit dur comme fer en son mensonge.

Ça ne suffit pas. L'inconnue persiste et insiste. Un autre aurait abandonné. Pas Thäleia. Il est trop tard pour ça. La lubie a déjà trop pris ses aises, encombrante, présente dans chaque recoin de son esprit. Plus qu'un désir, le bracelet est devenu un besoin. Un palliatif au vide de son existence. Parce que ça l'a rendu tellement heureuse, de voir le bijou briller sur sa peau. Outre la beauté de l'objet, c'est surtout après les émotions comateuses qu'il a réveillées en elle, que Thäleia en a. Le plaisir de se sentir jolie, pas à travers les yeux d'un autre, mais bien à travers les siens. La joie de pouvoir posséder quelque chose, elle qui n'a plus rien, elle qu'on détient. La denrée est nécessaire à son bonheur, la sirène s'en est persuadée et cette idée la fait tomber dans ce qu'il y a de pire chez elle. Jalousie, manipulation, hypocrisie, obsession.

Colère. « Il faut savoir avouer ses tords, jeune fille. » Oh, ça l'agace. Ce ton condescendant des adultes qui savent mieux, sous prétexte de l'âge. En suivant cette logique, la sirène pourrait faire sa loi partout. Mais Thäleia, elle a beau avoir vécu plus longtemps que tous les inconnus de ce parc réuni, elle est pourtant piquée par la remarque comme n'importe quelle adolescente. L'offusquée ne s'en cache pas, l'offense vient même alimenter son mensonge : « Quel tords ? Ce n'est pas moi qui poursuis les gens dans un parc pour les accuser pour rien ! Madame. » On a dit enfant de l'éternité, pas de la maturité. « Vous n'allez quand même pas me fouiller et m'empêcher de partir ! » Instinctivement, elle affermit la pression sur la hanse de son sac, gardien de son bien. C'est que Thäleia l'en croit parfaitement capable, cette femme aux accents d'hystérique. Le contraire serait peu avisé. La sirène n'est pas assez stupide pour sous-estimer ses adversaires. En particulier celui-ci, volcan qu'elle devine prêt à cracher la lave de sa colère. L'enquête de ses prunelles ne trompe pas : la blonde bouillonne. Un état dangereux. Thäleia en a conscience, alors plutôt que de s'enfoncer dans l'insolence, elle préfère jouer la carte de la prudence. Elle se laisse porter par un mouvement de recul, la mine soucieuse, sort son meilleur numéro de jeune fille apeuré. Son physique s'y prête bien. « Écoutez, je suis désolée pour votre bracelet, mais on va m'attendre, et vous me faites peur… » L'oeil inquiet saute de droite à gauche, comme à la recherche d'une figure connue parents ou amis hypothétique. Un acte de plus à sa comédie, mais pas que. En une oeillade, Thäleia s'assure également qu'elle n'est pas seule. C'est qu'elle n'hésitera pas à tirer l'alarme si la blonde se montre trop oppressante. « Laissez-moi partir maintenant, s'il vous-plaît. » Faire trembler les mots sur ses lèvres, ça aussi, ça lui ait aisé. Presque autant que de faire couler les larmes sur ses joues. Mais cette arme là, Thäleia la garde. Au cas où.
(c) AMIANTE & VOCIVUS


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